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Le journal de mamie Paulette : 12 juillet 1943

sommaire du journal

Paris – Versailles – Rambouillet – Maintenon – Châteauneuf

Nous quittons Paris à 9h dès l’arrivée de Maman. Au lieu de sortir par la porte de Saint-Cloud, nous sortons par la porte de Versailles. Dès lors il nous faut retrouver la N.10. Ce n’est pas une petite affaire ! Nous traversons Issy-les-Moulineaux et, après avoir demandé notre route, grimpons quelques fameuses côtes pour atteindre Bellevue. Dès lors nous sommes dans le bois de Meudon et ma foi cela valait bien la peine de grimper. Mais le soleil tape et les côtes sont dures.

Puis nous descendons sur Viroflay où nous retrouvons notre route. Dès lors il n’y a plus qu’à aller tout droit, mais le vent nous gêne un peu et Jeannine rouspète après. Pourtant je sais qu’elle préfère cela à la pluie.

Nous traversons à peine Versailles et marchons vers Rambouillet. Cette fois le vent souffle vraiment, et toujours dans le mauvais sens. Les côtes sont dures à monter et même dans les descentes il faut pédaler !.. Je meurs de soif et j’enrage de ne pouvoir avancer plus vite. A la hauteur du soleil, il me semble  qu’il n’est pas loin de midi, et dans un fossé sur le bord de la route nous mangeons nos provisions emportées. Nous sommes à la sortie de Maison-Blanche où nous avons essayé de trouver à boire : mais tous les cafés sont fermés le lundi.

Sur le trottoir cyclable passent des gens que nous retrouverons sur notre route quoique nous partions bien après leur passage.
Et la route reprend. Avant Rambouillet, nous trouvons une fontaine sur le bord du chemin et, malgré la difficulté, nous buvons, ou plutôt je m’abreuve largement.
Le vent souffle toujours, nous desséchant de plus en plus et à Rambouillet on peut nous voir dans un café devant une menthe à l’eau.
Mais ce n’est pas tout de boire, il faut avancer !: Nous repartons donc vers Maintenon. Nous nous y arrêtons encore. Jeannine devant une limonade et moi devant de la bière. Il est 3h1/4 et nous enfourchons une fois encore nos vélos. 28 km nous séparent de Châteauneuf. Le vent souffle tellement que nous ne remarquons même pas Saint-Chéron. Achères seul nous frappe comme nom connu sans que nous puissions dire au juste pourquoi. Le vent, plus que jamais, nous empêche d’avancer et je me coucherais presque sur le bord de la route quand je constate que j’ai tant de mal, car je peine encore plus que Jeannine.

Mais voilà qu’au loin nous voyons un passage à niveau fermé. La route monte toujours. A quoi bon se fatiguer encore. Nous descendons donc et marchons tranquillement. Le train est en gare, train de marchandises et de voyageurs. Alors que nous en sommes à quelques 20 m , les chefs de gare et de train nous font signe. – ? – nous avançons toujours et lorsque nous sommes près de la barrière, nous comprenons enfin !
Une dame est là et nous demande si nous prenons le train car il n’attend plus que nous pour partir ! Pensez notre joie à cette idée. C’est la première fois que nous voyons un train attendre des voyageurs éventuels.
Cette coupure dans notre voyage nous redonne du courage et il nous en faut. Décidément, nous ne dépasserons pas Châteauneuf ce soir. D’autant plus que nous y trouvons un hôtel et une chambre. Quel plaisir de se reposer ! Il n’est que 6h moins le quart, mais cela fait du bien. Alors que nous nous nettoyons, , le ciel s’assombrit et il pleut. Mieux valait s’arrêter.

Dîner à 7h1/2 : Soupe aux légumes / carottes et pommes de terre en ragoût / 2 oeufs sur le plat / salade / semoule et crème

Quel repas ! Celui qui est entré à l’hôtel avant nous daigne à peine y toucher. D’ailleurs il ne fait que lire des journaux. Quel ours mal léché ! Pourtant, tandis que je quitte un moment la chambre, il dit : « Bonsoir Mademoiselle » à Jeannine.
Nous nous couchons de bonne heure. Comme nous avons tout payé, nous serons prêtes de bonne heure demain matin pour repartir.

Temps : beau dans la journée, pluie le soir
Santé : bonne.

 

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