De « nouvelles » routes cyclables en Savoie

Il s’agit en fait de portions de voies déjà existantes (d’où les guillemets), mais dégradées ou à l’état de pistes, qui ont été récemment goudronnées¹. La plupart étaient auparavant peu ou pas connues des cyclos routiers.  Les rallyes savoyards, dès qu’ils seront de nouveau organisés, ne manqueront pas de les populariser. En attendant, le bouche à oreille a commencé à fonctionner.

La liaison entre Les Fugains et Tournaloup par Montmalfou

Certainement la nouveauté (Mai 2020) la plus intéressante sur le plan sportif. La D 24 (route qui part des Curtets dans le Val Gelon en direction de La Table) et la D 23 (route de La Rochette à Champ Laurent par Étable et La Table) sont depuis longtemps bien connues des cyclos. Ce qui nous intéresse ici, c’est le chemin vicinal qui quitte la D 24 dans le lacet des Fugains, passe à Montmalfou et rejoint la D 23 au niveau de Tournaloup.

Arrivée à Montmalfou. Jusque-là tout va bien

Je n’étais pas passé là depuis longtemps, et dans mon souvenir ce n’était qu’une piste au départ de ce dernier hameau, qui faisait peu à peu place à un goudron incertain. Désormais, au départ des Fugains, après quelques hectomètres de revêtement moyen sans grand dénivelé, un bel enrobé vous accompagne jusqu’à la D 23. Toutes les conditions sont réunies pour faire de cet itinéraire ainsi rénové un futur chouchou des cyclos : route parfaitement lisse, circulation motorisée à peu près nulle, cadre agréable et beaux points de vue, sans oublier l’intérêt sportif : les derniers lacets au-dessus de Montmalfou sont un peu pentus et le dernier kilomètre, très irrégulier, est classé rouge par Openrunner. Dans cette dernière partie, le revêtement est un peu moins parfait.

Tout à gauche, tout va bien. Plus haut c’est plus dur

Juste après le dernier lacet, on aperçoit avec soulagement le « stop » du carrefour avec la D 23.

Arrivée à Tournaloup. Ouf !

On ne peut que recommander cette route, dont les difficultés ne doivent pas être surestimées : elles ont en effet été à la portée d’un trio mixte, 100 % non motorisé, de moyenne d’âge 75 ans. Des cyclos seront sans doute tentés par le rapprochement entre le nom de Montmalfou et le mal qu’ils ont pu se donner pour parcourir cette route, ce qui incite à s’interroger sur l’origine de ce nom. Dans son dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie paru en 1935, le chanoine Adolphe Gros n’a pas manqué de se poser la question. Parmi plusieurs hypothèses, il pense que la plus probable est que « malfou » dérive du latin mala fagus, c’est à dire le mauvais fayard, le mauvais fau (fayard et fau sont deux noms communs du hêtre, et des hêtres difformes se rencontrent un peu partout dans nos forets).

Les aménagements récents de l’itinéraire V 62

J’ai modifié ce paragraphe, à la suite de mon récent passage (18 mai). Durant l’inter-saison 2020/2021, d’importants travaux ont été réalisés. Depuis l’aire de covoiturage du pont de Grésy,

La V 62 en aval du pont de Grésy

la route (déjà goudronnée mais assez inconfortable) qui va vers « l’étang des pêcheurs »  a été entièrement refaite et interdite au trafic motorisé (avec les restrictions habituelles) jusqu’à proximité de l’étang.

La V 62 à proximité de Pau

À partir de là, un enrobé tout neuf permet de poursuivre en plaine dans la direction générale de Montmélian, parfois sous le régime « partageons la route », jusqu’au lac de Carouge (sous Saint Pierre d’Albigny). Enfin presque, car une portion d’un kilomètre environ (approximativement sous Fréterive) est resté à l’état de piste en terre battue. En raison, m’a-t-on dit, de l’opposition d’un propriétaire. Plus gênant, près de l’extrémité est de ce tronçon, deux gros talus séparés par une tranchée barrent actuellement (18 mai) la piste (on peut néanmoins contourner l’obstacle à pied). À côté, au carrefour avec la  D 201 n, seuls subsistent les poteaux qui portaient les écriteaux indiquant la V 62 : ces derniers ont disparu. En cherchant un peu, on apprend que d’autres dégradations ont été signalées dès fin mars. La mairie de Fréterive confirme que leur auteur est un propriétaire mécontent. Si cette situation perdure (ou si on veut rester sur le goudron), on peut se replier sur l’itinéraire suivant (décrit dans le sens ouest-est) : au départ du secteur en terre battue, prendre à gauche le chemin vicinal (goudronné depuis longtemps) qui passe un pont sur la voie ferrée et monte en direction du Villard. Après environ 300 mètres un peu pentus, prendre la première à droite, qui descend (doucement, cette fois) rejoindre la D 201 à Fréteville. Tourner à droite pour la prendre. Au rond-point, prendre à droite la D 201 n, passer sous la voie ferrée et prendre immédiatement après à gauche. Vous êtes de nouveau sur la V 62 et plus aucune misère ne vous guette. J’ai constaté aujourd’hui (10 Juin) que le contournement suggéré ci-dessus est désormais fléché. Mis à part ces péripéties qu’on espère passagères, cet itinéraire est tout en fait recommandable. On suit en général la Bialle, c’est joli et sans dénivelé. Revers de la médaille : durant les week-ends, ce parcours est très utilisé par des promeneurs qui tiennent toute la piste, avec des mômes sympathiques mais plus ou moins contrôlés. Prévoir un avertisseur. Dès cette année des travaux analogues doivent se poursuivre en direction de Montmélian.

La V 62 au pont de Grésy. Côté amont, en rive gauche

Environ un an auparavant, une piste cyclable de même style avait été créée à partir du pont de Grésy, cette fois en amont et rive gauche. Moins bucolique, à cause de la proximité de l’autoroute. Mais on peut ainsi aller à Sainte Hélène sur Isère sans utiliser la D 925, ou à Frontenex en évitant la bosse de Grésy-Montailleur.  Et poursuivre beaucoup plus loin vers le nord en utilisant les aménagements cyclables antérieurs bien connus.

La digue rive droite de l’Isère en aval de Montmélian

Plusieurs fois rafistolée et re-dégradée depuis des décennies, la route établie sur cette digue était encore en Janvier 2021 difficilement fréquentable, à cause d’innombrables trous dont les plus plus beaux spécimens tenaient toute la largeur de la chaussée. Des réparations importantes ont été effectuées depuis : les parties les plus dégradées ont été reprises en enrobé continu sur toute la largeur de la route, et les trous isolés bouchés (me croire sur parole ou aller voir, je n’ai pas pris de photos). Pour autant, ce n’est pas un modèle de planéité et  il n’est pas exceptionnel d’y rencontrer du gros camion. Mais elle rend service en permettant de rejoindre directement de deux manières la route de Chapareillan à Montmélian. D’après ce que m’a dit il y a une dizaine d’années un membre du Codep 73 qui s’occupait des routes, cette digue devrait être un jour reliée à Alpespace par une passerelle pour les vélos, ce qui nous la rendrait encore plus utile. On m’a confirmé tout récemment que cet aménagement, permettant d’accéder à Laissaud et Pontcharra,  était bien « dans les tuyaux ».

Entre Torméry et la gare de Montmélian

Juste pour signaler une modeste amélioration et exprimer un vœu pieux. Une partie de la piste qui passe au bas des vignes en ces lieux a été « bétonnée », dans le style de ce qui a été fait dans le secteur des tours de Chignin. Cet aménagement bienvenu n’est pas tout récent (2 ou 3 ans d’après des vignerons vus sur place) et malheureusement s’arrête… à la frontière avec la commune de Montmélian.  Il faut ensuite se contenter de la piste empierrée, jusqu’à la descente raide (juste avant la voie ferrée) qui est goudronnée depuis des lustres. Bien que cette piste soit utilisable avec un vélo de route si on n’est pas trop délicat, les cyclos routiers d’aujourd’hui n’y vont pas. Du coup ils doivent au minimum traverser la D 1006. Il serait donc très utile que la partie restante soit revêtue. Madame la Maire (de Montmélian), pouvez-vous faire quelque chose ?

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1.   Terme fautif mais consacré par l’usage, que nous employons bien que le liant utilisé de nos jours pour les revêtements de chaussée ne soit plus du goudron.

 

 

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5 Commentaires

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  1. A l’inverse, le fait de « réparer » les routes en laissant des quantités de gravillons se tasser, les rend plus risquées pour les 2 roues. Ainsi les 3 trois quarts de la belle descente du col de Tamié vers Frontenex sont dans ce triste état au 1 er Juin 2021.
    Bonne route
    Francis

  2. la « nouvelle » route de Montmalfou est déjà au calendrier, le 10 juillet… nos infos proviennent peut être de la même source …
    j’attends également depuis longtemps la liaison entre Montmélian et Torméry, comme le dit justement Lucien, pour l’instant c’est un gravel pas toujours bien roulant !!

  3. Je viens de constater quelques changements (pas dans le bon sens) survenus depuis mon dernier passage en mars, qui m’ont amené à modifier le paragraphe de cet article concernant la V 62.

    • Jacques WALD sur 14/05/2021 à 17:47
    • Répondre

    Article particulièrement intéressant. Bravo
    Je confirme en particulier le dernier paragraphe sur la sortie de Tormery. Piégé par ma timidité une 1ère fois en faisant demi-tour, j’ai forcé la chance lors d’un second passage. Il est effectivement incompréhensible que cette voie ne soit pas complétée. Une seule explication : la rivalité de nos édiles dans une intercommunalité que doit promouvoir le citoyen. Pas sûr que la mairie de Montmélian soit abonnée à « La Dépêche des CTG ».

    • FRANCIS LARRIBE sur 14/05/2021 à 17:00
    • Répondre

    En voilà des informations bien utiles. Merci pour cette contribution précise et détaillée. Ca donne envie d’aller faire un tour du côté de Montmalfou.

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