Un nouveau « 2000 » presque cyclable en Isère

 

Préambule

Ce titre mérite quelques explications. Il est bien connu que, dans le langage des amateurs de vélo en montagne et en particulier des chasseurs de cols, un « 2000 » désigne un col situé à une altitude supérieure ou égale à 2000 mètres.  Il va donc être question d’un membre de cette catégorie, et plus précisément du col de Mais. Quant à la nouveauté, elle réside dans  l’inscription toute récente de ce membre au catalogue des cols de France du Club des Cent Cols (CCC). Jusque-là tout va bien. La vie se complique lorsqu’on veut donner un sens précis à « cyclable ». Théoriquement, le sens donné à cet adjectif par le CCC (qui vient d’être opportunément rappelé sur sa liste de diffusion) est le suivant : une route (non goudronnée) est dite cyclable si on peut la parcourir intégralement sur un vélo de route équipé de pneus « de 23 ». Elle est dans ce cas cotée « R1 ».  Évidemment, cette notion de « on peut » ne peut être que subjective , certains pouvant plus  que d’autres. Pour affiner un peu l’information, il faudrait donc connaître l’identité du confrère ayant proposé la cotation et l’âge qu’il avait à cette époque, mais ce serait un peu intrusif. A fortiori, ne tentons pas de donner la définition générale d’un col « presque cyclable » …

Le col de Mais (document Open Street Map / Club des cent cols)

Le col de Mais

À l’origine de cet article, il y a donc la décision du CCC  d’inscrire au catalogue, sous le matricule FR-38-2058, le col de Mais. Ce col, assez peu connu auparavant, est situé à l’ouest de l’Alpe de Venosc. Il est mentionné par la carte OSM mais pas par celle de IGN.  Ces cartes indiquent une piste permettant d’accéder au petit sommet  appelé le Mais (terminus du télésiège de Super Venosc), d’où un court sentier balisé permet (terme précisé plus loin) d’accéder au col même. Au cours d’une visite à des cols bien connus du versant opposé, nous avons pu constater que la piste était nettement tracée, raison supplémentaire pour aller y faire un tour.

Montée aux Deux Alpes : préchauffage idéal.

D’après le profil fourni par Openrunner, la pente de la piste ne semble pas particulièrement redoutable, mais un peu d’échauffement préalable est tout de même souhaitable. Pour cela, la RD 213 (route des Deux Alpes) convient parfaitement : pente soutenue mais raisonnable, bande pour les vélos et faible circulation en ce samedi matin d’octobre. À l’Alpe du Mont de Lans , le départ de la piste ne saute pas aux yeux. Si vous ne naviguez pas aux instruments, un bon repère est le carrefour avec la route vers le « Village 1800 », située presque en face. Le début de la piste est en fait une route anciennement goudronnée, avec un peu de gravier par dessus, et en fait on trouvera des traces de ce revêtement assez haut, jusqu’au dessus de « La Bergerie », vers 1800 mètres. C’est par là qu’on rencontre la première des raideurs que nous aurons à affronter, parfois à pied. Mais elles seront toutes brèves et bien localisées.

La piste vers 1870 m.

La plus méchante se situe dans la grande courbe que fait la piste entre ses deux passages sous le télésiège de la Vallée Blanche, mais elle se rachète par un long passage en pente douce à partir de l’altitude 1870 mètres environ. À partir de là et jusqu’à l’arrivée de la piste sur la crête, plus aucune remontée mécanique n’est visible. Vers 1900 mètres, nous traverserons à pied un grand troupeau de moutons. Un patou s’approche mais se contentera de gronder un peu. Une semaine avant, dans des circonstances analogues dans la descente du col de Méa, un de ses congénères passant à côté de nous s’était permis de carrément nous ignorer. Presque vexant ! Nous échangeons quelques mots avec le berger, à la tête d’un millier de brebis.

La piste vers 2030 m.

Avec le beau temps, c’est paradisiaque. Mais au même endroit, un an auparavant presque jour pour jour, c’était la Bérézina ! La piste, en très bon état en dehors des quelques passages raides, rejoint la crête du Fioc puis le Mais, en passant de nouveau sous quelques câbles.

Le col de Mais vu du bout de la piste

On accepte aisément leur présence,  car on leur doit l’existence et l’entretien de la piste. Pour accéder au col, distant de 300 mètres de la fin de la piste d’après un panneau, il faut descendre d’une vingtaine de mètres. Comme il y a sur ces derniers hectomètres plusieurs itinéraires possibles, dont une partie est interdite aux vtt, il peut être utile

Vue aérienne des sentiers d’accès au col                               (© Google Earth et CCC)

de donner quelques précisions, au moyen de la vue aérienne ci-contre). Le point T désigne le terminus de la piste et du télésiège de Super Venosc, d’où un sentier (avec le fléchage standard de la FFC pour vtt) descend vers le sud. Les indications qui suivent s’appliquent à un voyageur partant du point T et se dirigeant vers le col C. Le sentier, bien visible sur la gauche de la photo ci-dessus, parvient à une bifurcation, au point noté E sur la vue aérienne.

À la bifurcation E

En ce point se trouvent deux panneaux. Le premier est un fléchage vtt en direction du point O, et le second signale une interdiction aux vtt portant sur le sentier de gauche (trajet de E vers C), qui est l’accès le plus direct au col  (en C).

Un bon citoyen respectera l’arrêté d’interdiction, prendra donc à droite en arrivant au point E (en suivant le fléchage vtt). Il rencontrera ensuite une nouvelle bifurcation (en O sur la vue aérienne), où aucune interdiction n’est notifiée (merci à Bernard Morille d’avoir fait cette vérification). Pour résumer, pour qu’un

L’arrêté d’interdiction portant sur le sentier de gauche (E-C)

vététiste se rende au col sur sa monture et en respectant les indications qui se trouvent sur place, il est nécessaire et suffisant qu’il suive le trajet T-E-O-C. Par ailleurs, j’avoue ne pas comprendre totalement la logique de la signalétique présente sur le site, dont une partie semble manquer. Bernard m’a signalé un fléchage vtt à terre entre les bifurcations E et O et aucun  en O, ce qui fait qu’un vététiste suivant le fléchage FFC peut se demander, arrivé au point O, où est la suite du parcours. Il est possible que l’interdiction

Au col. En face, le sentier d’accès par le nord-ouest (O-C) Sur la droite arrive le sentier nord-est interdit (E-C)

vise surtout à empêcher les vététistes de descendre sur l’Alpe de Venosc par le GR, les randonneurs pédestres étant nombreux à l’utiliser dans le sens de la montée. Mais dans ce cas l’interdiction devrait se trouver aussi au col, ce qui n’est pas le cas. Les vététistes ne sont pas brimés pour autant, car il existe de nombreuses pistes, dont certaines parties ont visiblement été tracées¹ pour eux, qui leur permettent de descendre vers les villages depuis la crête en s’amusant un peu. Nous en avons vu plusieurs en action, qui étaient sans doute montés plus tôt par la même piste que nous, les remontées mécaniques étant à l’arrêt. À l’aide d’énergie musculaire ou nucléaire ? On ne sait pas, ils étaient trop loin.

Les cols d’en face, nettement plus élevés, ont blanchi.

On a pu constater que l’accès aux cols élevés du versant opposé était déjà compromis par l’enneigement, et des membres du personnel des remontées mécaniques nous ont indiqué qu’un tronçon du glacier était ouvert ce week-end (16-17/10) pour les clubs de ski, avant l’ouverture générale prévue pour les vacances de la Toussaint.

 

 

Alors, presque cyclable ?

L’auteur s’est amusé, chaque fois qu’il cessait de rouler à cause de la pente, à noter la distance parcourue à pied avant de remonter sur son vélo. En additionnant toutes ces portions de pistes parcourues en piéton (le nombre n’en a pas été noté : 5 ou 6 ?),  il arrive à un total d’environ 500 mètres. D’après Openrunner, la piste est longue de 5200 mètres. L’auteur en a donc parcouru à peu près 90 % sur son vélo, ce qui lui paraît justifier le titre. Pour que cette information puisse être utile à des confrères intéressés, il précise qu’il est septuagénaire, qu’il roule assez régulièrement et que la bicyclette utilisée pour cette sortie est un vtt démodé mais de bonne qualité.  Des vététistes pas forcément plus costauds mais capables de rester sur le vélo à moins de 5 km/h devraient pouvoir améliorer le pourcentage précédent. Enfin, les 300 derniers mètres en sentier ne devraient  pas poser de problème à un bon vététiste (dans le respect de l’arrêté municipal).

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1. les vrais connaisseurs disent shapées

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2 Commentaires

  1. Super analyse de cette montée au col de Mais qui me donne envie d’y aller avec le club..

  2. Magnifique texte que je vais relire
    Bravo et merci
    Serge capdessus

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