Miribel : un monument – sortie du 24/04/2021

Les compagnons de route ne s’en sont pas forcément aperçus sur le moment, mais mine de rien cette sortie du 24 avril 2021 fut un jalon de l’Histoire de l’Humanité.

Ah bon ?
Et en quoi ?

Et bien si cette sortie a pu se produire, en des temps difficiles, c’est qu’elle est due à l’assouplissement des contraintes géographiques de ce 3° confinement. Au lieu de l’unique rayon de 1 km, le commun des mortels s’est vu attribuer un crédit de 10 km, quel pied ! Mais ce n’est pas tout : les sorties-club peuvent s’effectuer dans le département ou un rayon de 30 km, dès-lors qu’elles sont accompagnées par un éducateur diplômé. Ainsi elle est la 1° après l’allègement du 3° confinement de la 2° année de Covid19, tout cela après Jésus-Christ. C’est dire …

Mais plutôt que sourire, réfléchissons au fait que cela ne se produira qu’une seule fois. En ce sens cette journée représente un véritable marqueur de l’Histoire. Si si.

À l’avenir le décompte des années ne suffira plus pour situer des événements dans l’échelle du temps, il faudra dorénavant compléter avec le numéro de confinement et l’associer à un événement précis pour mieux se remémorer le moment. Ainsi Miribel Lanchâtre devient pour les cétégistes l’emblème de l’avènement tant attendu du 3°Confinement Allégé !

Il faut à ce propos remercier les éducateurs, ou animateurs, ou moniteurs diplômés, qui par leur présence, ont permis l’organisation de cette sortie hors des 10 km.

Trente cyclos se sont répartis en cinq groupes de 6 personnes (conformément aux règles de cette 3° confinomade), sur trois circuits orientés résolument plein sud. Les nordistes en sont devenus soudain blanchâtres…

Enfin une température cyclo-compatible pour ce samedi, ce qui change des 3°Celsius vécus par nos pneumatiques à 900 mètres d’altitude la semaine précédente. La douceur de l’air a incité au moins un de nos compagnons à flâner sur le tranquille marché de Varces, pour quérir quelque nécessaire victuaille, faisant chuter derechef notre moyenne horaire. Mais avant cela, il nous a fallu une fois de plus gravir les pentes du Pont Rouge, nommé ainsi comme chacun le sait , parce-qu’édifié par le grand révolutionnaire Lesdiguières. (on recherche d’ailleurs toujours sa truelle).

Aux Saillants du Gua, sachant ce qui nous attend on franchit La Gresse comme on passe le Rubicon. Les hostilités ne tardent d’ailleurs point à se montrer, et les clairvoyants hésitent un peu à rejoindre la Saint Barthélemy ! Mais l’histoire ne se répète pas toujours. Au lieu de cela, c’est une clémente et opportune claire fontaine qui nous accueille – Barthélemy devenu ici saint-patron de l’eau claire. Rafraîchissement opéré, c’est un faux-plat qui rassure et qui nous amène jusqu’à Miribel. Là, le naïf se dit « Chic, Miribel, on y est ! » ; mais le gentil Seigneur de Dom Cramillo lui souffle un peu narquois : « Miribel, certes, mais jusqu’à Lanchâtre il te faudra monter, petit cyclo ».

C’est là qu’on regrette d’avoir menti à sa maman à l’âge de six ans, car plus on monte, plus on pense descendre (aux enfers) tant le soleil se fait présent pour accompagner ces rudes pentes. Deux épingles avant le sommet, on ne sait si on est content d’apercevoir tout là-haut les collègues achever leur repas. Mais finalement lorsqu’on les rejoint, on pense que le mensonge à sa maman est pardonné.

 Du pardon, faut-il en accorder à l’époque qu’ont vécus nos parents ? C’est une des questions que nous posent tous ces monuments que nous côtoyons parfois sans les regarder. Certes les beaux paysages ne nous poussent pas toujours à la tristesse et au recueillement, mais le souvenir semble néanmoins essentiel. Égrener les noms, les lire distinctement nous aide à prendre conscience du niveau de sacrifice, et des horreurs passées. Passer n’est pas oublier.

 Saint Guillaume semble posé là pour rappeler au cyclotouriste que les rivières sont en bas, et que les pâtures et les bars sont en haut ! Belle démonstration géographique appliquée… Mais il sera également prouvé qu’en période de Covid les bars sont fermés aux cyclistes. Guillaume se montre intraitable.

Après une jolie partie de manivelles du coté de Saint Paul Lès Monestier, le grand viaduc aperçu depuis Le Vernay se dévoile à nouveau, comme pour dire « vous avez déjà descendu tout ça ». Au pied d’icelui, dans notre groupe du petit parcours un référendum populaire est organisé par Denis pour savoir Sinard ou pas. L’unanimité est conseillée, donc nous y allons. Surtout pour vérifier les dire de Jean Pierre à propos d’une certaine riveraine du col, qui n’accepterait pas toujours que l’on honore ses massifs de fleurs de notre engrais liquide personnel … Intimidés, nous passons notre chemin sans tenter cet amendement naturel, mais non sans avoir profité de la fontaine vivement conseillée par Hervé. Passé de 20 mètres le Col de Sinard, un arrêt est requis pour découvrir le panorama sur la plaine, dotée d’un lac, mais sans gaulois en vue.

Le plateau bucolique et tranquille nous amène à Saint Martin de La Cluse qui sonne la fin de dénivelé positif. Merci Saint Martin ! Enfin, pour rejoindre Vif, la pente s’est mise dans le bon sens, ce qui est en soi une preuve de … bon-sens, mais la vitesse prise par les collègues dans ces kilomètres vite absorbés pouvait faire penser qu’il y avait un but caché. Comment ? … vous ne connaissez pas la boulangerie de Vif ?

Un pain aux raisins après, la plaine de Reymure ne nous fait pas peur, et le groupe ressent la joie de retrouver notre agglomération, car là aussi on trouve de bonnes boulangeries.

Après ce périple pétri de multiples saints aux profils différents, une question semble importante à soulever : au fait, quel est le Saint patron des boulangers ?

Alain
photos : Alain et Hervé

inscrit sur le Monument du Vernay :

ICI TOMBERENT
POUR LA LIBÉRATION
LE 24 JUILLET 1944

Lieutenant CHABERT Joseph
CHOLLET Pierre
Lieutenant FALCK Claude
CAILLET Pierre
Sergent MAZET Maurice
SCHAVION Jean
Sergent CAILLET Louis
FORTUNE Henri
Caporal JASSERAND Georges

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1 Commentaire

    • FRANCIS LARRIBE sur 04/05/2021 à 17:58
    • Répondre

    Oui, c’est un exercice salutaire que d’égrener le nom et le prénom de chacun de ces héros pour se remémorer leur sacrifice. Merci pour ce rappel à notre devoir de mémoire envers eux.

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