Un weekend sacoches … sans sacoches ! 3-4 octobre 2020

Nous l’avions pourtant prévu depuis longtemps cette Via Fluvia. Reportée vers la Drome provençale l’an passé par manque d’hébergement, j’avais cette année trouvé le gîte idéal pour notre escapade automnale.

La météo ayant bouleversé mes plans j’avais prévu de multiples solutions de repli me conduisant à proposer pas moins de 12 itinéraires pour ces 2 jours.

Le jour J, la météo annoncée n’est pas si mauvaise et c’est sous un ciel dégagé que nous quittons Grenoble. Un vent à décorner les bœufs nous inquiète alors que nous traversons la vallée du Rhône et de sombres nuages porteurs d’averses achèvent de nous miner le moral au moment où nous parvenons, dans une froidure quasi hivernale au parking de la Via Fluvia à st Marcel lès Annonay. Fernand nous donnera le coup de grâce, emmitouflé dans un plaid extrait de son coffre. C’est donc décidé, cap sur le gîte et adieu les sacoches. Prévoyant, j’ai tracé 3 parcours sur place, histoire de sauver notre weekend vélocipédique.

Arrivés à Tence en fin de matinée, nous sommes chaleureusement accueillis par le jeune couple qui tient ces Gites du Moulin de la Papeterie. Du café et du thé nous attendent pour nous réchauffer avant l’effort. Nous anticipons le pique-nique dans une salle commune où crépite un bon feu et décidons finalement de partir vers 12h30 sur un itinéraire qui nous permet d’emprunter une belle portion de la Via Fluvia.

Dès le départ un bon raidard permet aux 25 valeureux CTG de se réchauffer. La région est splendide avec une multitude de petites routes propices au cyclotourisme. La vue porte loin dans ces paysages ouverts et les village fleuris aux maisons de granit apportent une touche de charme faisant presque oublier la rudesse du climat.

Après 9 km d’un parcours vallonné, nous plongeons sans le voir, en direction du lac de la Valette. Notre descente se poursuit ainsi sur 6 km jusqu’au lit du Lignon où nous rejoignons enfin la Via Fluvia. Le Lignon est un affluent de la Loire qui a donné son nom à cette région. Nous évoluons plus précisément dans le Haut Lignon que nous avions entrevulors d’un week-end précédent (Dolce Via en 2018) en passant à Fay sur Lignon. Notre point bas est donc à 711 m et nous montons aujourd’hui jusqu’à 980 m. Altitudes modeste mais la température oscille entre 9 et 15° sous un vent qui en fait bien ressentir 5 de moins.

La Via Fluvia nous conduit ainsi sur des pentes ascendantes et douces, par le village de Lapte pour s’achever aujourd’hui à Montfaucon en Velay. Entre temps, quelques descentes frisquettes, une crevaison d’Henri sur sa randonneuse en rodage et un coup de moins bien de Joëlle, raccompagnée au gîte par Daniel en empruntant… une catinade à l’arrivée. Nous passons à côté de la gare du train touristique du Velay-Lignon. Un chauffeur qui bichonne une locomotive à vapeur nous propose de nous emmener le lendemain avec nos vélos. Renseignement pris, il est effectivement possible d’embarquer les vélos dans ce train jusqu’à St Agrève et de revenir en vélo. Mais la météo peu favorable nous incite à reporter ce projet.

La route parcoure ensuite de beaux vallonnements entre prairies et forêt où une brève averse n’entame pas notre moral. Les arrêts sont fréquents et (trop) longs car discussions et habillages-déshabillages sont aujourd’hui de mise. Nous terminons en descente et sous le soleil après 47 km pour 650 m de dénivelé. Joëlle va mieux et Daniel nous raconte la belle piste conduisant au gîte.

Nous prenons possession de nos confortables appartements, vastes, propres et bien aménagés. Le propriétaire nous à mis la télé dans la salle commune avec le Giro, sans doute pour nous faire plaisir, mais nous apprécions surtout les fauteuils et canapés moelleux, réchauffés par la cheminée.

L’apéritif agrémenté de liqueurs locales précède en très bon repas bien arrosé tandis que nos vélos profitent de locaux bien secs pour récupérer de leur côté. La nuit s’annonce calme dans ce coin du bout du monde où seul le bruit du torrent (le Lignon, encore lui) berce notre sommeil.

Le lendemain, les batteries sont rechargées (au sens propre et figuré) et j’ai prévu un parcours vers le sud en direction du Chambon sur Lignon et du Lac de Devesset mais il fait très froid (6°) et bien que sec au départ, l’humidité va décourager un bon nombre d’entre nous. Nous partons cependant dans les premières pentes, la fleur au guidon, sur une route vallonnée à souhait mais à la circulation quasi inexistante. Agnès profite de ces bosses pour aiguillonner le groupe et exciter l’amour propre de certains qui s’accrochent à sa roue.

Une brève descente vers le Chambon sur Lignon tempère nos ardeurs : la température qui ne décolle pas et un crachin digne de la bretagne commencent à nous glacer. Alors que nous faisons halte devant un restau, je suggère à Marick de troquer notre pique-nique conte le menu du jour. Je tends également la perche à Danie pour tourner nos vélos dans le sens de la descente vers Tence. Je reçois quelques échos favorables mais la plupart décident de poursuivre, y compris Fernand qui nous avait tant découragé la veille ! Nous sommes donc une bonne dizaine à nous lancer dans une partie de manivelle vers Tence. Une descente qui sera fatale à la béquille de Berty cette fois désavantagé avec un VAE qui montre ici ses limites (retrouver ses jambes d’il y a 50 ans ne marche finalement qu’en montée…). Bilan 25 km et 350 m de dénivelé mais la quinzaine de courageux qui ont persévéré en ont fait au moins le double.

Retour au gîte douillet où un nouveau café nous attend. Nous n’oublierons pas cet accueil, la gentillesse et la disponibilité de nos hôtes qui affirment que nous pourrions rester quelques jours de plus, tant ils avaient prévu de victuailles pour nous satisfaire !

Il est sûr que nous y reviendrons, au moins pour faire ce que nous avions prévu, donc :

A l’année prochaine !

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1 Commentaire

    • FRANCIS LARRIBE sur 14/10/2020 à 14:50
    • Répondre

    Les prévisions météorologiques nous avaient découragés de nous inscrire à ce week-end. Mais vu la météo grenobloise nous avions presque regretté d’avoir renoncer à cette sortie. A la lecture de ton compte-rendu je comprends que la météo dans le Haut Lignon a été aussi mauvaise qu’annoncée. Mais que vous avez cependant passé deux jours que vous n’êtes pas prêts d’oublier. J’espère être des vôtres l’année prochaine. J’adore ce coin…

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