Comment je deviens serre file à l’insu de mon plein gré ! sortie du jeudi 10 octobre 2019

texte écrit par Jean-Michel
photos : Patrick

9h30 jeudi 10 octobre.

Une fine couche de brouillard stagne langoureusement sur l’Isère et nous masque en partie le massif de Belledonne et son balcon, but partiel de cette sortie club.

Il fait frais (12°) mais la météo est annoncée belle. Le soleil commence déjà à percer cette fine couche nuageuse.

13 CTGiens et 7 CTGiennes se sont donnés rendez vous au pont sur l’Isère, entre St Ismier et Le Versoud juste à côté de la piste cyclable.

C’est le ‘’Mini Balcon’’ de Belledonne que Daniel nous a concocté pour aujourd’hui. Pour moi, c’est la crainte de ne pas pouvoir gravir les 1300 m de dénivelé car mon entraînement est presque au point mort depuis 2 mois !!

Brrrrr ! La fraîcheur matinale nous accompagne sur la piste et les chemins qui longent l’Isère jusqu’à la Terrasse puis Tencin.

Mais l’ambiance cyclo que je retrouve me réchauffe. Je retrouve des sensations oubliées depuis la semaine fédérale. Les jambes tournent bien. Ca devrait faire !

On aborde très vite les raidillons de La Pierre, bien connus des cyclos qui participent à notre randonnée du printemps (Les Vignobles du Grésivaudan).

C’est dur, mais ça passe!

La brume se dissipe lentement et laisse apparaître l’Isère et notre beau massif de Chartreuse.

Puis c’est la montée sur les Adrets … et je commence à coincer … J’ai le plaisir de me faire dépasser par les CTGiennes en forme et toujours aussi ravissantes quand elles papotent en me doublant. Je fais pourtant belle figure mais ça ne doit pas se voir ! Christiane m’encourage.

Devant, les André, Raoul, Jules, Jacques, Bernard, Jean Paul, Patrick (en grande forme depuis ses problèmes de santé) et autres avancent gaillardement sur cette route où chaque virage nous fait découvrir les splendeurs du Grésivaudan.

Je connais pourtant cette route par cœur, l’ayant maintes fois montée à ski roues ! Mais là, plus de jus !

Nous arrivons aux pieds des Adrets où le casse croûte de midi est le bienvenu. Mon GPS indique plus de 600m de dénivelé et il en reste encore beaucoup !!

La température est maintenant clémente, le brouillard n’est plus qu’un souvenir et le ‘’balcon’’ prend toute sa splendeur automnale.

Après un café dans le café local ‘’toujours ouvert’’ qui borde la route, nous reprenons notre montée.

Juste devant nous le massif des 7 laux et ses stations. La crête dentelée du massif en contre jour se détache harmonieusement sur un ciel bleu. Les villages et hameaux que nous découvrons du regard trônent majestueusement dans ce décor automnal. Je roule rarement dans ce massif et j’ai l’impression de le  redécouvrir. Il est presque aussi beau que la Chartreuse !!!!

La fraîcheur nous saisit dans la descente en direction de Brignoud. Nous atteignons la départementale pour rejoindre Laval.

Brusquement, tout devient difficile pour moi.  Il faut maintenant se hisser vers le col des Mouilles (1020m). Soit au moins 600 m de dénivelé ! Il y a 2 mois cela aurait été un enfantillage pour moi, mais aujourd’hui ‘’ça veut pas faire’’.

Je mets (ou remets) tout à gauche, mais le 34/30 ne suffit plus. Les jambes ne sont pas au rendez vous. Pierre est juste derrière moi, discret, en serre file. Fallait bien que ça m’arrive un jour et comme me dit Pierre ‘’ya pas de honte à cela’’! Bien sûr mais quand même !

Je lui dis de filer à son rythme. Il hésite puis me laisse à mes pensées. Devant moi j’aperçois nos CTGiennes qui montent tranquillement sur leurs machines. Quelques encablures devant Danie savoure cette montée. Impossible de suivre et je me retrouve seul.

A Laval, trempé de sueur mais pas vidé pour autant je décide de prendre les devants.

Je pédale seul dans les premières épingles. J’apprécie de pédaler dans cette forêt, encore bien chargée d’humidité. Le petit nouveau de 58 ans (qui monte comme un avion) puis André me doublent, très à l’aise sur leur machine. Nous arrivons à La Boutière. Il reste 2 km pour arriver au col.

Puis très vite je les entends puis ils passent. Malgré les encouragements, je ne peux pas suivre et me retrouve très vite à nouveau en ‘’serre file à l’insu de mon plein gré’’.

Patrick m’encourage ‘’il reste 150m à monter’’ puis un peu plus loin ‘’c’est un peu raide mais pas longtemps’’. Ah bon !

Voilà enfin le col. Le groupe discute et échange sur cette belle montée. Ils sont enfin faits ces 1300m de dénivelé. Paradoxalement, je ne me sens pas trop fatigué.

La descente en direction de St Mury puis de la Combe de Lancey sera avalée tranquillement par le groupe. Nous traversons Villard Bonnot et regagnons le parking qui jouxte la piste cyclable.

Il est 16h00. La leçon que je viens de prendre est pour moi sans équivoque à mon âge : arrêter de pédaler trop longtemps, c’est prendre le risque dans un groupe de jouer le serre file à la reprise si on s’attaque à trop dur.

Mais je le referai malgré tout!

Jean-michel

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