Notre BRA, 50ème édition, par Jean-Louis Borach et Marie-Andrée Pardon

Texte et photos de Jean-Louis Borach – ASPTT Grand Lyon
La météo s’annonçant finalement excellente, je suis parti faire ce dimanche 21 juillet 2019 le B R A, le réputé Brevet de Randonneur des Alpes.

L’épreuve consiste, au départ de Bourg d’Oisans, à grimper la Croix de Fer, à faire demi-tour sur 3 km puis à passer le Glandon 50 m plus haut, à descendre sur la Maurienne, à grimper les 18 lacets de Montvernier, à atteindre Saint-Michel-de-Maurienne par Villargondran, puis de là à gagner Valloire via le col du télégraphe, poursuivre jusqu’au col du Galibier 17 km plus haut, et à revenir sur Bourg d’Oisans par le Lautaret puis par de petites routes de l’autre côté du lac Chambon.

Voici succinctement comment cela s’est déroulé : 2 options sont proposées : l’une, cool, sur 2 jours, qui reçut 903 participants, et l’autre, plus sportive, en une seule journée. J’ai opté pour l’option sportive et le 1er départ groupé de 4h du matin, pour rouler au maximum à la fraîche, mais il y en a eu 2 autres, à 5h, puis à 6h.

Mon départ étant à 4h du matin, je suis allé dormir sur place la veille. Parti de Lyon à 20h30, je suis arrivé à 22h30 et j’ai dormi dans mon Espace dans lequel j’avais déroulé un matelas. Très bonne nuit, au calme, et à 3h petit déjeuner bien copieux à la permanence avec jus de fruits, pain frais, tablettes de beurre et diverses confitures – c’est excellent, et tout est à volonté. A noter que tous les bénévoles sont souriants et très dévoués.

Dans le dernier kilomètre du col du Galibier

Départ 4h, il y a un sacré peloton, nous sommes exactement 305. On descend jusqu’au carrefour de Rochetaillée pour virer à droite vers la Croix de Fer. Bonne température, 17°C. J’ôte définitivement mon coupe-vent fluo trop chaud dans la 1ère côte. Tout le monde a un bon éclairage arrière. Je roule avec un ancien coureur de 71 ans qui m’annonce le pourcentage et la longueur de chaque partie difficile, et il y en a qui ne sont vraiment pas tristes, qui avoisinent les 15%. On discute tranquillement, les lacets du barrage de Grandmaison sont franchis, et maintenant nous surplombons ce magnifique plan d’eau. La température est idéale, 14°C, je roule très à l’aise et j’atteins le sommet de la Croix de Fer à 7h, au 41ème km. Une femme arrive et valide derrière moi, une Nantaise qui roule avec son mari. On la félicite, car elle est la 1ère féminine de la journée. Je vais les retrouver constamment sur le parcours et ce jusqu’à l’arrivée, ils me doubleront quasiment au sommet de chaque col.

Je ne m’éternise pas à ce ravito où il fait 11°C, j’enfile manchettes et coupe-vent pour la descente du Glandon à 3 km. Descente technique, et si pas mal descendent comme des avions, je reste lucide et prudent. En bas, on retrouve les premiers rayons du soleil, la chaleur, et tout le monde se déshabille – logique.

Quelques km en fond de vallée pour rejoindre la base des 18 lacets de Montvernier. C’est impressionnant vu de dessous, les lacets s’enchaînent, mais ce n’est pas trop dur, moyenne 8%, je monte à mon rythme en me faisant constamment doubler. En tout cas, je n’ai rattrapé personne ! Au sommet, on bascule vers Saint-Michel-de-Maurienne par des côtes sympas et bien sèches vers Villargondran. Le soleil donne déjà, il domine les sommets. Enfin Saint-Michel vers 11h, nouveau ravito en salle, je mange peu et rapidement, une assiette de taboulé, un yaourt et c’est tout. En sortant, je rencontre et discute avec un cyclo qui ne m’est pas inconnu, Dominique Lamouller, qui possède une magnifique randonneuse « Singer » entièrement chromée, et pourvue de sacoches Berthoud. On ne va guère se quitter, et compte-tenu de mes arrêts photos, il sera toujours 15 ou 20 minutes derrière moi à chaque sommet.

Toujours dans le col du col du Galibier, en compagnie de mes amis de Nancy

Grimpée du télégraphe, départ par 31°C : je crois bien avoir doublé quand même une ou deux personnes sur les 12 km d’ascension. Il y a de bons passages à l’ombre, la température tombe à 24°C, c’est tout de même plus agréable. Le paysage est superbe, mais le plus gênant est indubitablement les dizaines de motos qui nous doublent, voire nous rasent. Le vrombissement lancinant des moteurs qui fusent sur nous est effrayant et épouvantable.

J’ai noté au sommet, qu’au km 110, nous avons déjà exactement 3000 m de dénivelé.

Descente sur Valloire où il y a un monde fou. La route a été refaite sur 10 km, le bitume est nickel, eh oui, le Tour va passer la semaine prochaine. Le ravitaillement est 3 km au-dessus, chacun reçoit un plateau avec une part de pastèque, un peu de pâtes, une cuillerée de compote de pomme, et une cigarette russe. Les quantités sont bien calculées, on a mangé suffisamment et on ne repart pas trop alourdi. On a aussi à notre disposition et à profusion une quantité d’abricots : bien mûrs, parfumés, fondants, ils sont plus excellents les uns que les autres.

12H : C’est reparti pour les 15 derniers km jusqu’au Galibier dont 7 pour atteindre le Plan Lachat. Il me semblait me rappeler que c’était facile et que cela ne montait pas trop… !  C’était en 2002, il y a 17 ans… En fait, cela monte bien, et surtout par 28°C et avec 117 km dans les jambes. Je continue de me faire doubler, j’ai l’habitude, et ne rattrape au Plan Lachat que 2 cyclos partis la veille, 2 figures bien connues de l’ASPTT Nancy, Catherine et Guy. Partis sur 2 jours, ils me félicitent de ma performance… je la ramène à sa juste valeur, vu tous ceux qui m’ont dépassé jusqu’à présent, et certains me passant entre 15 et 20 km/h dans des passages où je suis péniblement à 8. Ils repartent, je les rejoindrai bien plus haut, car pour l’instant je vais refroidir le moteur en me rinçant abondamment la tête sous la fontaine proche du restaurant  : l’eau n’est pas glacée, c’est parfait, je repars ragaillardi pour les 8 derniers km, dont les 3 premiers sont incontestablement les plus raides du Galibier. Je rattrape de nouveau Dominique Lamouller, qui, avec sa machine de 12 kg alourdie de 2 sacoches, monte moins vite. Je continue l’ascension, plus haut il y a un long passage au pourcentage moins élevé, aussi j’arrive à tomber un pignon et à monter à 8, voire à 9 km/h. Bel exploit !

A 3 km du sommet je retrouve mes 2 amis de Nancy, nous nous photographions mutuellement, puis je repars non-stop jusqu’au sommet, ne m’arrêtant que pour de très courtes pauses photos. Le ciel est toujours aussi limpide, et même s’il y a quelques nuages, ils ne sont absolument pas inquiétants.

Je double enfin un cyclo, un randonneur, qui monte torse nu avec ses 5 sacoches… A 14h10 je suis au sommet, dominant le tunnel, et je dévale illico sur 1 km et toujours en plein soleil de l’autre côté jusqu’à la stèle de Henri Desgrange, le directeur de l’Auto et l’instigateur du 1er Tour de France en 1903, ainsi que des Audax français en 1904. C’est ici que le dernier ravito est installé. Bon casse-croûte avec notamment un Beaufort délicieux acheté juste à côté, j’ai bien vu les pubs dans la montée, il est à 16,20 € le kg. Je me régale avec les croûtes délaissées, moi, j’adore… ! Le tout est accompagné de Coca-Cola, un grand cru millésimé.

Moi-même dans le col du Galibier, et la superbe cascade de la Pisse vers le lac Chambon

C’est reparti vers 14h30, descente sur le Lautaret avec de fortes rafales de vent d’ouest, dur de maintenir le vélo ! Au col, descente à 45 km/h maxi face au vent jusqu’à la Grave, puis plus bas on bifurque à gauche par une route minuscule qui va longer le lac Chambon. Beaucoup de canotage et de doux farniente entraperçu à travers les frondaisons, c’est très plaisant. Puis, peu après, une immense chute d’eau apparaît devant nous, la cascade de la Pisse. Le spectacle est grandiose, majestueux, et certains s’arrêtent quand même un bref instant pour le contempler.

On continue, voici une belle et large descente où j’épingle 70 km/h, et c’est l’arrivée tranquille à Bourg d’Oisans, à 16h10, 6 km plus loin. Le moral est bon, je ne suis pas trop cassé, et j’ai donc parcouru les 180 km et les 4318 m de dénivelé en 12h10. Moyenne roulante 17,5 km/h, calculée sur 10h20 de roulage effectif. Pour info, la prochaine édition du BRA sera en 2021 !

Détail amusant : à l’arrivée, je retrouve un excellent ami, Jean-Pierre Cellier, un cyclo qui fera comme moi le prochain Paris – Brest – Paris. Mais on n’est pas vraiment dans la même catégorie, il vise les moins de 50 h… et pour infos, à ce jour il a déjà 20 000 km dans les jambes, et rentrera le lendemain à Craponne à vélo, tout comme il est venu l’avant-veille… Sacré Jean-Pierre !

PS : Dominique Lamouller a été durant 16 ans président de la FFCT, de 2000 à 2016.

Jean-Louis Borach – ASPTT Grand Lyon

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Texte de Marie-Andrée Pardon de l’ASPTT Grand Lyon
Michel FONTAINE et moi-même avions choisi la version cool sur 2 jours

Après une nuit en b&b à Bourg d’Oisans, j’ai pris le départ vers 7h30 en compagnie d’un cycliste de l’Asptt d’Auxerre que je rencontre dans toutes les semaines fédérales. Samedi nous avons transpiré sur le même circuit que Jean-Louis. J’ai fait étape à Saint Michel de Maurienne au lycée technique qui prépare aux métiers de la montagne, la cour était décorée de téléskis, télécabines etc. de quoi se faire la main lorsque l’on veut devenir professionnel. Le club du CTG organisateur était aux petits soins, je regrette juste qu’il avait oublié les oreillers !!! aie aie les cervicales !

J’ai retrouvé Michel au diner. L’apéritif était offert par la municipalité avec le mot du 1er adjoint suivi d’un copieux repas, le traiteur avait été briefé concernant le coup de fourchette des cyclistes, au dessert un Paris Brest !!!!!! sans doute un clin d’œil aux cyclistes !!!

Depuis la Grave : le glacier de la Meije qui fond inexorablement

Départ matinal afin de passer le Galibier avant les fortes chaleurs, j’avais moi aussi oublié la « bavante » des derniers km puis descente sur la Grave face au glacier de la Meije. Quelle triste surprise, ce glacier majestueux remonte inexorablement et devient gris sous l’effet de la  pollution, certaines cascades étaient à sec et la romanche coulait doucement, cependant la montagne reste belle mais elle est en danger !!

J’ai laissé mes dernières forces dans la remontée sur Auris en Oisans sous une chaleur accablante, tant pis pour moi j’avais opté pour cette variante, effort bien récompensé par la descente en balcon jusqu’à Bourg d’Oisans qui nous donne le temps d’observer la vallée.

A l’arrivée la bière m’a bien rafraîchie.

Si tout va bien la prochaine difficulté sera le mont Ventoux en septembre, lors de la semaine de vélo organisée par l’ASPTT Melun.

Marie-Andrée Pardon de l’ASPTT Grand Lyon

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