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Sep 01

Les Pyrénées Centrales

Texte de Henri  Gehard

Le CTG s’est déplacé en force (24 participants dont 10 femmes – 5 couples) dans les Pyrénées Centrales pour un voyage purement vélo de 7 jours (transports exclus) avec un fourgon conduit à tour de rôle par un membre du groupe, pour acheminer vélos et bagages. L’aller comme le retour se faisant pour l’essentiel par l’autoroute (Montpellier, Toulouse, Tarbes), notre destination finale étant à 25 km seulement de l’autoroute. 23 vélos et 1 vélo électrique, celui de Françoise.

Excepté une frayeur matinale due à d’énormes orages du côté des grottes de Bétharam, nous n’aurons jamais de pluie et devrons plutôt lutter contrer de très fortes chaleurs. Les programmes permettent de nombreuses échappatoires et, même les journées dites de repos nous respecterons une moyenne de 60 km et 1600m par jour.

Mardi 22/8, 1ère journée de vélo, le Col de Spandelles, depuis Argelès Gazost, 1er contact pour certains avec les Pyrénées, montée par pallier avec des marches voisines de 8 à 10%. Déjeuner au col à 1378m au milieu des brebis, quelques bergers qui se plaignent surtout de « l’ Ours à 2 pattes » plus dangereux que l’animal qui en compte 4 à ce qu’on dit. Nous ne verrons ce jour-là que peu de cyclistes. Descente vers Arthez d’Asson où l’on gravira encore quelques taupinières selon l’appellation de Gérard Vaidie, de bon gros raidars. Un fond de jante mal placé me vaudra de nombreuses crevaisons, mais avec celle quelques jours plus tard d’Hervé, ce seront les seules. En soirée nous aurons un excellent accueil de nos hôtes, une piscine avec vue sur la montagne, un serveur qui poussait à la consommation de vin (sans supplément). Je n’oublie pas bien sur la visite d’un couple d’apiculteurs venus présenter leur production, Jean Pierre Etienne renouvelant son stock (annuel j’imagine) les avait fait venir et a prélevé une quarantaine de kilos à lui seul.

Mercredi 23/8 Petit Déjeuner 7h30, il en sera ainsi tous les jours, le départ sera reporté à plusieurs reprises en attendant que l’orage se calme car il tombe des cordes. Départ finalement à 10h et c’est sous un beau soleil que nous arriverons à Gourette. Comme au Rivier d’Allemont la route    plusieurs fois ensevelie sous des avalanches et passée du coté Adret à Ubac. A Gourette, nous serons nombreux à monter à l’Aubisque en avant-première, le col étant prévu le lendemain, rien que pour voir de plus haut le pic du midi de Bigorre et toucher un de ces cols mythiques du tour de France. Il faut dire qu’il n’est que 4 km plus haut.

Garbure au diner.

Voici la recette testée ce soir-là. Je pense qu’il y a autant de garbure que de cuisiniers, mais toutes ont en commun cet adage, plus ça cuit, plus c’est bon. Recette donnée pour une marmite de 4 à 5l.

D’abord faire tremper des haricots blancs la veille dans de l’eau froide.

Dans la marmite, faire bouillir avec du gros sel un bout de jambon (dans le talon du gigot) des pommes de terre (3 kg), 3 navets râpés. Rajouter les haricots qui ont été cuits à part et un gros choux vert ou blanc tranché (qu’il ne faudra mettre 15 minutes seulement avant de servir). Si vous avez un confit de canard, n’hésitez pas à le rajouter et servez bien sûr avec du piment d’Espelette.

Jeudi 24/8 Départ 8h30 pour l’Aubisque. Les réflexes du matin ne sont pas encore pris par tous, et le remplissage du fourgon avec les bagages met encore beaucoup trop de temps au grès de Fernand. A peine partis de l’hôtel au milieu de la route avant même la sortie du village, nous sommes face à 2 superbes vaches flanquées de leur veau, et la place pour passer n’est pas large. Nous savons tous que les mères, aussi placides soient-elles, protègent leurs petits et leurs cornes sont totalement dissuasives. Bref un moment de doute en face de la bête tel le toréador qui se demande par où il va passer, ou comme le pistard qui fait du sur place en attendant que l’autre se décide. Bref les vaches ne bougeant pas, avec grande prudence, force lenteur et un grand sourire pour bien montrer notre esprit pacifique, nous détalons. Aubisque, Soulor, là les vélos pullulaient par grappes de 2 à 12, cela défilait sans interruption. Nous contournons Argelès traversé la veille et plein Sud vers Luz St Sauveur où nous déjeunons, puis le cirque de Gavarnie, joyau montagneux, naturel avec sa cascade de près de 200m et la Brèche que Roland, neveu de Charlemagne, aurait fait, en voulant (selon la légende) briser son épée « Durandale » après la bataille perdue de Roncevaux. Certains continueront vers le col de Tentes ou le Port de Boucharo. Pour remonter à 2200m.

A l’hôtel, les clés sont à prendre à la réception sans dénomination précise, il y a les couples, les solitaires et les duo (2 lits). Distraits sans doute Eric et Isabelle prennent un Duo, du coup Hervé récupère un lit double laissé vacant en se disant qu’il est vraiment bien chanceux sur ce coup là. Mais Jules, son binôme, lui, n’a plus de lit et cherche vainement où dormir. Dany et Jules refont une à une les chambre pour trouver les raisons de cet imbroglio, l’hypothèse de dormir avec Hervé, même dans un grand lit n’ayant pas été retenue. Finalement le quiproquo est découvert et chacun retrouvera ses pénates juste avant l’heure du diner.

Vendredi 25/8, journée libre et ne lisez surtout pas journée de repos. Le groupe va se diviser. Certains graviteront autour de Gavarnie, vallée d’Ossoue ou Port de Boucharo. La majorité redescendra à Gèdre (1070m) pour remonter dans le magnifique et pourtant peu connu Cirque de Troumouse (2082m) au milieu des Alpages, le bout de la route nous menant au cœur même du cirque. Les voitures y accèdent par une route à péage. C’est bien sur gratuit pour les vélos. Déjeuner à l’Auberge du Maillet, le repas sera frugal, la bouteille de gaz, suite à une mauvaise manipulation est vide. Grâce à un réchaud indépendant nous aurons des patates tièdes, loin du festin annoncé. Le temps paraît indécis quelque mini gouttes de pluie, repli général à l’intérieur mais cela ne durera qu’un bref instant, le soleil revenant très vite. Dans la descente, petite incursion par un raidar de 1,2 km au lac des Gloriettes au milieu des voitures, de nombreuses familles étant venus encourager les coureurs du trial dont l’épreuve phare fait 240 km et 12000m de dénivelé !! Vous avez dit surenchère !!! Nous les retrouverons le soir à Gavarnie et le lendemain à Luz St Sauveur, puis sur les pentes du Tourmalet. Ce lac est fermé par un barrage construit à la fin de la dernière guerre avec plusieurs déversoirs pour lui permettre de déborder en cas de trop plein, exemplaire semble-t-il unique en France. Restait à faire les 250 derniers mètres pour remonter à Gavarnie. Jules finissait sa journée au Port de Boucharo  qu’il avait à d’autres occasions gravi 2 fois déjà, mais par mauvais temps. Le point de contrôle du trail est juste sous nos fenêtres et la dead line pour y passer est à 3 heures du matin. Heureusement, il y en aura peu.

Samedi 26/8 Gavarnie – St Marie de Campan.

Autrement dit c’est la journée Tourmalet. Descente en trombe à Luz virage à droite toutes pour attaquer la montée à Barèges puis le Tourmalet avant de redescendre sur La Mongie où nous déjeunerons. Les stations de Barèges et le Mongie ont développé leurs liaisons télésièges une des raisons probablement avec les avalanches qui les ont amené ici encore à modifier le tracé initial de la route maintenant rive droite (Adret). Une partie de l’ancienne route, dite route Fignon, reste utilisable pour les vélos. Elle est même en bon état et nous évite ce ballet incessant de voitures, motos et autres caravanes ou voitures de collection. Elle ne va malheureusement pas jusqu’en haut du col. L’essentiel des vélos, et Dieu sait s’ils sont nombreux sur ce col, surtout des Espagnols, restent cependant sur la nouvelle route plus roulante mais si bruyante !

Le col est un grand moment, déjà le tout dernier lacet est à 11% (heureusement bref) le col lui-même est encore plus petit que le Galibier et une foule s’y amasse. Les cyclistes se font photographier devant la stèle d’Octave Lapize qui fut le 1er à passer le col en vélo il y a 100 ans, mais sont de ce fait sur la route vu l’exiguïté des lieux. Bref, c’est une vraie ambiance haute montagne et on a du mal à imaginer ce que doit être cet endroit lors du passage du tour de France. Déjeuner sous une très forte chaleur à La Mongie. Descente à St Mar … non pas encore car Daniel a repéré un dernier petit col, bon c’est vrai « il commence par 100m (disons 800m et n’en parlons plus de piste caillouteuse) qui mène au Sarrat de Gay et nous rejoindrons cette fois St Marie de Campan par le bas de la descente du col d’Aspin. St Marie de Campan où selon la légende Eugène Christophe aurait réparé tout seul, sa fourche  cassée 6 km plus haut, sous l’œil attentif des commissaires de course.

Dimanche 27/8 – Au menu du jour Col d’Aspin par le Sarrat du Gay (monté par un autre versant), descente à Arreau et remontée à la Hourquette d’Ancizan (La Hourquette signifiant passage ou col) . Il se trouve que ce jour-là, a lieu la marmotte des Pyrénées qui part de Luz St S. monte le Tourmalet puis la Hourquette d’A. (1663m) pour revenir par Aspin (1490m) remonter le Tourmalet (2115) et finir par la montée d’Autacham (1722). Les statistiques de cette course sont quasi identiques à notre BRA.

Jules, Gérard V., Eric, Jean Pierre G. décident d’aller dans le même sens que la course (les 100 premiers seront à leur hauteur à Payolle juste à l’embranchement de la Hourquette, l’idée étant bien sûr de se mesurer à eux. Jean Pierre nous dira ensuite le regard étonné de certains coureurs se faisant doubler par les vélos un peu « colector » on peut le dire, de Gérard cadre en ferraille et garde boue avec sa triple sacoche à l’arrière et celui de Jules avec le sac à dos sur le porte bagage … Faut dire qu’ils avaient déjà le Tourmalet dans les mollets et savaient qu’ils n’allaient pas se coucher de sitôt. Le reste du groupe est monté au col d’Aspin où nous croisons les 1er coureurs à 11h30. Isabelle, Jeannot et Joseph, Maric, Agnès et Henri descendent l’Aspin coté Est et rencontrent Jules et consorts à Areau où nous déjeunons tous ensemble.

Eric remonte avec notre groupe la Hourquette pendant que les autres remontent Aspin. Cette Hourquette est magnifique, un col qui, côté Nord est très ouvert sur les pâturages avec une vue magnifique sur les alentours. A préférer sans contestation possible à l’Aspin si vous deviez choisir.

Nous croiserons avant le sommet, venus à notre rencontre, Hervé (qui a renoncé à l’idée de rejoindre les 2 cols par la piste, son état ne le permettant pas) et Jean Pierre E. qui fait la sieste, adossé à un tas de gravier en bordure de route. Au sommet, Eric nous improvise une séance collective d’assouplissement et de relaxation (le pieds, la jambe, le genou etc etc il y aura au moins 14 « et puis une petites dernières « ) Nous rejoignent au sommet Gérard, JP G., et Jules qui font donc cette ascension pour la 2èm fois de la journée. Nous y verrons également arriver en trombe un jeune homme avec basquette et pantalon de ville. Maric subjugué lui demandera avec le plus grand sérieux s’il n’a vraiment aucune protection (elle pensait bien sur à la peau de chamois) sous le pantalon !! Faute de réponse, la question reste ouverte.

Retour à l’hôtel pour quelques lessives quotidiennes, pose bières, rituel essentiel du séjour, et Scrable que Françoise a eu la très bonne idée d’amener.

Lundi 28/8

C’est le retour à Argelès et donc le lendemain à Grenoble. Nous commençons par une longue descente jusqu’à Bagnères de Bigorre patrie de Gachassin (bien connu des anciens, c’était l’ouvreur du 15 de France dans les années 70 puis est devenu président de la Fed. Fr. de Tennis.) A partir de là, et pour retrouver les voitures nous avons gravi quelques taupinières bien gratinées, la plus douce était voisine des 10%. Déjeuner au sommet d’un de ces raidars à Germs où nous prenons le café (si l’on s’en réfère aux spécialistes, ce n’était sans doute pas que du café), la patronne a même tenu à préciser « je le fais à l’ancienne ». Jean Pierre E. qui conduisait ce jour là, après avoir déposé le fourgon à l’hôtel, est venu à notre rencontre et s’est fait mordre par un chien qui bien sûr et selon son maître aurait bien été incapable d’un tel acte. Plus de peur que de mal, le chien n’a pas attrapé la rage et à notre connaissance, JP non plus. Mardi 29, retour Grenoble et sa chaleur.

Ci dessous photos Jules

 

 

 

 

 

 

 

Voir Diaporama photo Fernand        

Voir aussi photos André Pallard

Voir aussi photos Eric

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(1 commentaire)

  1. isabelle

    Quel plaisir de lire vos exploits cyclistes dans ce merveilleux pays pyrénéens!
    J’en suis malade de jalousie! Hélas je n’en serais plus capable!
    Bravo aux sportifs.
    Je vous embrasse tous
    Marianne

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