Le journal de mamie Paulette : 9 août 1942

sommaire du journal

Bonneval – Châteaudun – Charray = 30 km      total = 434 km

Ce matin petit déjeuner :

Café au lait / pain beurré

Puis nous regagnons la rue Herisson  où nos vélos nous attendent. Nous avons encore le temps d’admirer les poires du jardin de mon oncle, poires qui ne seront mûres qu’à la Toussaint. Puis nous partons bien tranquillement cette fois vers Châteaudun. C’est le premier jour où nous ralentissons un peu notre allure. Le ciel est très clair, la terre plus riche, plus argileuse aussi. A nouveau des champs de blé s’allongent à perte de vue, coupés seulement de petits bois et de petits villages. Nous rencontrons un troupeau de moutons qu’on mène paître dans les chaumes.

Nous arrivons à Châteaudun où mon oncle était invité par Mme Capoulade pour les 70 ans de cette dernière. Nous pensions déjeuner à l’hôtel, mais celui où nous allons est déjà complet. Mme Capoulade que nous allons voir nous invite à déjeuner. Et c’est ainsi que nous prenons ce repas en famille.

Sardines au beurre / veau rôti / haricots verts / salade / fromage / gâteau / prunes / et un fameux vin blanc !

L’après-midi, nous sortons avec mon oncle visiter la ville et en particulier le château. Puis nous allons voir sa mère et c’est à 6h que nous quittons Châteaudun en nous demandant où nous coucherons ce soir. Mon oncle nous accompagne jusqu’à La Ferté-Villeneuil (pays où l’on vend encore du pain brioche, blanc, à 13f la livre)
Nous le quittons et poussons fortement sur nos pédales pour atteindre la première bourgade le plus tôt possible. C’est Charray ! Une bonne vieille est sur la route. Nous lui demandons où coucher et elle nous propose un lit chez elle, ce que nous acceptons avec joie. La maison est propre, receleuse de choses presque oubliées : farine blanche – semoule de blé – crème, oeufs – porc frais…
Nous dînons toutes trois.

Ragoût de légumes (peu abondant, mais exquis) / fromage de chèvre frais / crème fraîche / confiture de prunes

Nous savons déjà que demain matin nous prendrons pour petit déjeuner du lait entier qu’on distribue à volonté dans le pays. Cette brave femme ira en chercher 1 litre pour nous trois (de quoi nous rassasier un peu). Nous passons la soirée à bavarder avec elle de la rue d’Avron et d’une dame Deschamps, libraire.

Temps : magnifique
Santé : id

Omission :
1) A Charray, nous écoutons le poste de Suisse et la radio anglaise. Nous admirons la bonne foi de cette femme qui, sans nous connaître, se cache si peu de ce qu’elle a !..
2) Charray est aussi un des rares villages de France – le seul, paraît-il – à n’avoir pas eu un seul mort ou blessé pendant la guerre de 14.
3) Sur la route de Bonneval à Châteaudun, Jeannine perd sa sonnette et en retrouve toutes les pièces que nous remettons telles que dans le timbre.

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