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Le journal de mamie Paulette : 7 août 1942

sommaire du journal

Villaines-sous-Lucé – Saint-Calais – Mondoubleau = 50 km     total = 354 km

Réveil à Villaines dans une chambre où nous avons juste une cuvette d’eau pour nous deux. Aussi nous n’avions pas même pris notre savon, et c’est avec toute la poussière, sauf sur le bout du nez, que nous partons ce matin. Nous n’osons pas trop contempler nos mains !
Notre hôtesse, fort aimable jusqu’au bout, nous offre avant le départ une tasse d’orge aromatisée solidement de Calvados (elle n’en manque pas plus que de linge, car si nous avons couché sur une balle de son, nous avions de rudes draps de toile et il y en avait bien d’autres dans son immense armoire)

De Villaines à Saint-Calais nous avions l’intention d’aller doucement, mais un habitant de Villaines nous rejoint et, tout en bavardant du cantonnement, de la vie à Paris, de celle à la campagne, nous avançons si bien qu’à 10h nous sommes à Saint-Calais.

Là aussi nous trouvons des occupants, mais peu nombreux. Nous cherchons bien vite un restaurant et retenons notre place. Puis, sur nos vélos nous partons faire un tour aux environs. Le paysage toujours vallonné montre des vallées plus larges qu’hier, donc plus étendues. Près d’une faucheuse lieuse nous écrivons nos cartes avant de revenir en ville.
Puis c’est devant notre table bien garnie que nous prenons nos places (catégorie D)

Potage beurré / Langue de boeuf sauce piquante / Purée abondante / Salade à l’huile / Riz au lait

Nous avions acheté notre pain au dehors, et ne donnons aucun ticket. Une critique cependant : les plats manquent de chaleur.

Puis nous reprenons la route vers Berfay, après quelques hésitations : en effet il est bien difficile de se présenter à quelqu’un d’inconnu. Assez facilement nous trouvons la ferme de M Mattra. La présentation se fait rapidement et nous sommes invitées à vider une bouteille de cidre doux à laquelle font suite quelques gouttes d’anisette (même saccharinée, Jeannine y trouve un goût tant aimé !)

Puis nous quittons M Mattra pour Mondoubleau. Comme à Berfay la ville n’est pas occupée, mais les hôtels sont pris d’assaut par les Parisiens. Il ne doit plus y avoir de place !.. Nous entrons pourtant à l’hôtel du Monarque de belle apparence. Grâce à des gens qui avaient retenu une chambre et qui ne peuvent venir que Dimanche, nous pouvons coucher. Nous allons même y dîner car nous sommes en veine de dépenses agréables. Le restaurant est de catégorie C.

Bouillon avec pain / Oeuf à la coque / Jardinière de légumes / Salade à la crème / Pain d’épice beurré

Et seulement des tickets de pain !… Non loin de nous des gens demandent du fromage blanc qu’ils mangent arrosé de crème… Si nous pouvions nous laisser tenter !

La route était belle tantôt entre Berfay et Mondoubleau. Nous avons vu un château à Belliou (village composé d’une mairie, d’un maréchal ferrant et d’un château) puis passé une magnifique forêt.
En arrivant à Mondoubleau les ruines d’un château-fort nous reçoivent. Nous allons les visiter. Le donjon – ou ce qu’il en reste – est complètement penché. Comme il est ouvert on apprécie mieux l’épaisseur de ses murs.

Temps : magnifique
Santé : excellente

Omissions :
1) de Villaines à Saint-Calais des lapins de garenne traversent notre route
2) un fermier doit fournir : 36 kg de beurre par vache en un an (à Berfay) et 40 oeufs par poule et par an

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