Le journal de mamie Paulette : 19 août 1942

sommaire du journal

Charray – Bonneval = 34 km      total = 963 km

Réveil à Charray. Mme Badaire s’est levée tôt mais Raymond l’avait précédée, et c’est lui qui va chercher notre litre de lait, car, comme l’autre fois, nous ne sommes que 3 à en prendre.

Pendant que l’orge cuit dans la poêle, je fais griller 6 énormes tartines de pain blanc que nous partagerons à 4. Nous ne sommes que nous 3 et elle me demande si cela me ferait plaisir d’emmener 1 kg de farine. La réponse est aisée à deviner, moi qui comptais seulement lui demander un morceau de son pain pour l’expédier à Paris !..

Le lait cuit aussi dans une poêle… et le petit déjeuner nous rassemble encore. Il avait d’ailleurs été précédé de la dégustation de quelques prunes tombées pendant la nuit.

Puis nous partons avec Paulette dans le bois de Charray rendre visite au petit saint de la région. Surtout nous nous amusons à chercher trace de collets et même de garennes ! Evidemment nous ne ramenons rien, que du bois et quelques noisettes. Heureusement qu’à la maison mijote un lapin que nous avons vu tuer hier. Pour le manger nous serons 6, car le chasseur doit venir manger son morceau qui est la tâte.

Salade, pommes de terre et tomates / Lapin sauce sang et vin / Pommes de terre du lapin / fromage / fruits

Nous pensons déjà préparer nos paquets car nous voulons trouver une chambre à Bonneval.
Mme Badaire pèse la farine, et je lui parle du miel dont elle avait causé l’autre fois. Nous en trouverons chez l’une de ses brus. Elle nous indique le chemin de sa ferme, bien facile à trouver.
Pour notre voyage elle remplit notre mallette de prunes, et nous la quittons tout en désirant rester en relation avec elle.

Maintenant nous partons à la recherche du miel. Seulement, les gens du pays, au lieu de donner une explication précise -nombre de km à faire, par exemple – sont bien plus vagues et comme Mme Badaire a 3 fils, tous trois fermiers, c’est tout juste si nous n’allons pas chez les trois avant de trouver le bon.. En réalité nous le trouvons bien plus près de Châteaudun que de La Ferté-Villeneuil, et c’est bien grâce à notre patience que nous repartons avec notre kilo de miel. Il est tard puisqu’à 6h nous sommes à Châteaudun. Nous filons vers Bonneval.

Dans une descente, des gens se promènent sur la route. Comme la sonnette de Jeannine n’a pas été remise en état je veux faire marcher la mienne. Pour cela il faut la dévisser un peu. Je le fais si bien que ma sonnette se sauve sur la route. Jeannine, pour ralentir, freine : son frein arrière casse. Nous trouvons que tout cela est de mauvais augure.

Pourtant nous arrivons à Bonneval sans plus d’incidents. Nous nous dirigeons parfaitement dans cette ville allant immédiatement à l’hôtel où nous avions déjà trouvé une chambre. Puis nous gagnons le restaurant de mon oncle où nous obtenons et notre dîner et la chambre.
Une fois habillées nous partons à la gare. Comme nous l’escomptions, mon oncle est surpris de nous voir. Nous dînons tous trois.

soupe aux légumes / côtelettes aux tomates / fruits

Puis nous allons rue Hérisson lire notre courrier. Enfin nous nous promenons à travers Bonneval. L’orage prévu par Mme Badaire devant le ciel d’hier au soir menace et nous fait hâter notre retour. Nous ne sommes pas encore couchées qu’il éclate.

Temps : orageux
Santé : parfaite

 

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