Le journal de mamie Paulette : 13 juillet 1943

sommaire du journal

Châteauneuf – Rémalard – Bellême – Saint-Cosme de Vair – Marolles = 87 km      total = 200 km

Départ de bon matin. Il est 6h1/2 quand nous tirons la grande porte derrière nous et nous prenons la route. Comme de juste nous retrouvons notre principal ennemi : le vent. La route elle-même se joint à lui pour nous gêner. Et si ce n’étaient les charmants paysages que nous découvrons, il y aurait de quoi être déjà désespérées. Il me semble bien, à partir d’un moment, retrouver une route connue, mais alors que j’en suis tout à fait certaine, Jeannine doute encore. Ce n’est que sous des chênes qui nous ont abritées l’an passé d’une bonne pluie qu’elle se reconnaît. Déjà nous approchons de Rémalard, et ce n’est pas trop tôt. Nous sommes en effet à mi-chemin de Marolles et il est 9h1/2. Nous n’arriverons pas là-bas pour midi. Encore heureux si nous y sommes à 1h.

Pourtant, dès la sortie de Rémalard, cela va mieux : la route descend, et n’est-ce pas une illusion ? le vent doit avoir changé de sens : nous descendons et surtout remontons les côtes avec une rapidité que nous ne connaissions plus. Quand nous arrivons à Bellême, il est 10h55. Nous nous asseyons devant une cannette et cette fois, l’espoir renaît. A 11h juste, nous repartons, passons Saint-Cosme si vite que nous n’en voyons rien. A 12h45, nous sommes chez Madame Jarry.
Heureusement elle vit à l’heure française car le patron de M Jarry ne veut pas d’autre heure. Ils n’ont donc pas encore déjeuné. Nous attendrons jusqu’à 1h1/2 environ.

Soupe aux légumes / boudin / saucisses plates (nageant dans la graisse) / haricots verts / fromage / noisettes

Le déjeuner terminé, nous nous jugeons incapables d’aller plus loin. Jeannine elle-même n’en peut plus.
Vers 3h nous partons tranquillement avec Yvette chez les parents de Monsieur Jarry. Nous y resterons bavarder toute la journée, tandis que Mme Jarry travaille chez la couturière. Elle termine un couvre-pied grand comme celui de Maman et bourré de laine. Comme de juste, la cliente a fourni le nécessaire et quand elle vient chercher le soir son couvre-pied terminé, nous sommes là. Elle paye la somme ridicule de 135 !..

Dîner : soupe aux pâtes / oeufs à la coque / haricots verts / salade à la crème / fromage / noisette

Monsieur Jarry s’en va travailler chez un camarade. Nous restons à la maison et j’aide Mme Jarry à détricoter une jupe qui date du Centre d’Hébergement.
Nous nous couchons à la nuit.

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