Le journal de mamie Paulette : 10 août 1942

sommaire du journal

Charray – Blois = 45 km      total = 479 km

Petit déjeuner à Charray. A peine levée notre brave vieille va chercher le lait. Elle revient bien vite avec 1 litre de lait entier. Nous la rejoignons près de son fourneau où dans une poêle, mijote de l’orge grillé. Dans une casserole, notre lait chauffe, et, à même sur la cuisinière, reposent deux morceaux de brioche merveilleusement blancs. Sur une table rustique 2 énormes bols et une casserole. C’est là que nous buvons notre lait – pour lequel nous refusons tout coupage – et dégustons ce que cette brave femme appelle du pain blanc. Elle nous dit le faire avec de la crème ! C’est bien plus du gâteau que du pain.

Elle se montre contente de ce que nous lui offrons pour son lit et ne nous laisse partir qu’après nous avoir donné quelques fruits.

Nous prenons la route de Blois, plus riche que la dernière région traversée. A nouveau nous voyons des champs de blé. Nous roulons à vive allure puisque nous couvrons 21 km pendant la première heure. A ce moment 2 campeurs nous rejoignent et nous continuons tous quatre la route jusqu’à Blois. Ils nous parlent d’une bonne auberge aux environs de Blois où nous pensons qu’il sera agréable d’aller déjeuner un jour. Nous trouvons tout de suite un restaurant catégorie D

Salade de concombre / macaroni et fonds d’artichauts sauce tomate / choux et pommes de terre / salade / poire

Les plats sont très copieux et la cuisine est bonne.

Nous sommes dès maintenant tourmentées par la recherche d’une chambre. Blois est comble et la chose paraît difficile.
Mon oncle nous avait donné l’adresse de sa première demoiselle de magasin. Nous allons la voir et grâce à sa recommandation, nous avons très facilement une chambre pour ce soir. Comme elle n’est libre qu’à 7h, nous mettons nos robes chez cette dame et nous partons visiter le château et la ville.

Là comme ailleurs les églises nous déçoivent. L’une d’elle a été beaucoup touchée par les bombardements de 40. D’ailleurs toute la partie de Blois attenante au pont est démolie de chaque côté de la Loire. Quoique ce soit, paraît-il, un vilain quartier qui ait été touché, il reste encore des rues qui peuvent à peine porter le nom de ruelles puisque leur entrée est juste aussi large qu’une porte.

Nous admirons le panorama des jardins de l’évêché, la rue Denis Papin, une belle statue de Jeanne d’Arc, et les rues montantes et descendantes où il semble bien inutile d’indiquer sens interdit.

Nous revenons prendre nos affaires chez Mme Blanchard, y buvons du vin blanc, et allons à l’hôtel. Comme l’eau chaude y coule nous faisons une toilette en grand, d’autant plus que nous changeons de linge. Nous aimerions bien garder cette chambre une autre nuit, ce qui nous permettrait de faire l’excursion de Chambord et Cherverny en revenant à Blois.

Pas de WC près des chambres. Comme ils sont impossible à trouver je me couche sans y aller, malgré tout le désir que j’en ai. J’en rêverai toute la nuit !..

Temps : superbe
Santé : parfaite

Omission : Chez Mme Blanchard un jeune homme qui vient livrer du vin annonce que les vignes de la région sont presque improductives, et qu’il n’y aura pas une récolte égale à la moitié de celle de l’an passé.

 

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